Vendredi 26 août 2011 5 26 /08 /Août /2011 11:57

Salut à toi,

Hier, j’ai vu le film Winnipeg, mon amour par le réalisateur hallucinant Guy Maddin !
Dans une sorte de poème filmé, le réalisateur parle de sa ville natale : Winnipeg, située au cœur du Canada. Une ville qu'on veut fuir, mais une ville magnétique qui retient !
Il porte un regard cynique, amer et drôle, en nous racontant des légendes urbaines.

winnipeg.jpgUn exemple : la foudre se serait abattue sur l’hippodrome, et les chevaux, en feu, auraient forcé la barrière des écuries pour s’enfuir et plonger dans un lac glacé. Ils se retrouvent dorénavant, figés, pris dans les glaces… Leurs têtes en dehors fascinent les amoureux qui voient dans les yeux de ces bêtes, l’angoisse de la mort, figée.

Parallèlement Guy Maddin, réinterroge son passé, son rapport à sa mère, les lieux de son enfance. Il loue sa maison de jeunesse et prend des comédiens pour jouer ses frères et sœurs. Et avec sa mère, il reconstruit son passé. Etait-il heureux ?

 

 

C’est beau, c’est en noir et blanc, c’est juste une voix off, c’est comique, c’est mélancolique, c’est émouvant. On ne sait plus trop ce qui est vrai et ce qui est faux. On ne sait plus vraiment qui parle…  ni de quoi ça parle… peut être d’une aventure à vivre : explorer et réinterroger son passé, son enfance.

DESGRANGE

Par DESGRANGES - Publié dans : Artisme - Communauté : Les chroniques de la meute
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Jeudi 4 août 2011 4 04 /08 /Août /2011 10:28

 

Salut à toi, ami lecteur  

Ce beau tour de France m'a mis en transe ! Échappées aux long cour, grosses gamelles, pétages de plombs, temps de chiotte, et surtout, indécision permanente du gros winner !
Les coureurs ont fait preuve d'audace, de courage, de panache et d'inventivité.

contador.jpgOn a ressorti les bonnes vieilles tactiques des tiroirs. Les cadors, notamment Schleck et Contador, ont atomisé le peloton dès le début des premières ascensions. Autrefois, il fallait être fou ou dopé pour oser l'aventure.

Souvenez vous... c'était la méthode yankee établie par Lance Armstrong. Du temps où les gros équipiers faisaient le boulot quand la route s'élevait, amaigrissant le peloton par le bas. Le leader plaçait alors son attaque dans les derniers kilomètres du finish. Et, si on avait pas éteint le téléviseur avant, on disait "Bon ben..." et on sortait prendre l'air en se disant que le Tour, c'était mieux avant !

Là, Contador et les Schleck nous ont fait une belle démonstration de spectacle spectaculaire ! Nous offrant une course déglinguée, avec la bonne vieille méthode à papa : S'extraire du Peloton dans les premiers kilométres !

Changement de méthode ? Changement d'époque ? Hélas ! Contador et Schleck ont perdu le Tour. La bonne vieille méthode explosive et l'audace n'ont pas payé. Et c'est la régularité imperturbable et implacable d'Evans qui a gagné.

L'année prochaine, les coureurs risquent d'être plus sages et tourneront sans doute 7000 fois les pieds autour du pédalier avant d'attaquer !

DESGRANGE

Par DESGRANGES - Publié dans : Cyclisme - Communauté : CYCLISME, masculin, Féminin
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Lundi 4 juillet 2011 1 04 /07 /Juil /2011 21:43

Salut !

Tour de France oblige, Desgrange reprend les manettes !

On savait que Contador n'était décidément pas épargné par le public ni par les journalistes. Le voilà maintenant maintenant trahi par le destin !
Il aura fallu attendre la première étape pour que le sort en soit jeté... jeté, balancé, explosé ! A l'image de ce peloton qui s'arrête net sur l'asphalte, lancé à plus de 50 km/h !

 

Point de départ de cette chute : l'épaule d'un coureur Astana tapant contre celle d'une supportrice.
Cette chute appelle trois remarques :

1. Mais qui est cette supportrice avec son regard braqué vers l'avant de la course... et non pas vers le visage des coureurs, comme c'est généralement le cas ?  A-t-elle eu mal ? S'en veut-elle ? Quelqu'un l'a-t-il retrouvé ? S'agit-il d'une frangine Schleck en embuscade ?

2. Comment, après une si grosse gamelle, les coureurs ont-ils fait pour s'en sortir indemne ?

3. Tous (les journalistes de France 2 en premier) ont jugé qu'il était normal que les coureurs à l'avant continuent de courir sans attendre Contador. C'est soit disant un "fait de course" ! Cancellara et ses potes Schleck semblent avoir vite oubliés l'esprit fraternel dont ils avaient fait preuve lors de la 2éme étape du Tour 2010. Pour rappel, Cancellara, alors maillot jaune, avait demandé à l'ensemble du peloton d'attendre le petit Andy qui s'était gamélé, 17km avant l'arrivée !

Hé ! Hé ! Vois-tu mon lecteur, c'est ce que j'aime dans la course cycliste ! Le destin des coureurs n'est pas tenue par un chronométre. Elle est tenue par les coureurs eux-mêmes !

A bientôt !

DESGRANGE

Par DESGRANGES - Publié dans : Cyclisme - Communauté : CYCLISME, masculin, Féminin
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Mercredi 20 avril 2011 3 20 /04 /Avr /2011 14:45

Salut à toi ami,

Comment parler de trahison, de pouvoir, d'amour et de richesse sans tomber dans le Santa Barbara ou une parodie du Sarkozysme ?
Du 4 au 29 mai, au Théâtre de l'Aquarium, nous avons la chance de voir la pièce de Jean-Marie Piemme : Le Sang des amis, mis en scène par Jean Boillot, directeur du NEST.
 

 

sangdesamis.jpgJe l'avais vu l'année dernière et c'était une belle surprise.
L'histoire est assez simple et se découpe en 2 parties...
Dans la première, nous avons Jules César, empereur tout puissant, régnant sans partage sur Rome.
Puis, trahison ! Brutus tue César. On découpe et on se partage l'empire.

Dans la seconde partie, nous avons alors Antoine qui doit régner sur l'Egypte aux côtés de la Reine Cléopatre. Mais  la passion foudroie ces deux-là. Antoine se laisse porter par cet amour abandonnant les affaires courantes de son royaumeet mettant en péril l'Empire, au bord de la déchirure.

C'est un théâtre péplum, avec un souffle épique et puissant, tant dans l'écriture que dans le jeu des comédiens et la mise en scène.
Mais c'est aussi rempli de scènes de vies dérisoires, avec des personnages secondaires. Des petites histoires qui se confrontent à l'Histoire en marche.
J'en garde un excellent souvenir et je t'invite vraiment à y aller.
ça se passe à la Cartoucherie, dans le bois de Vincenne... Avec les beaux jours, tu pourras pique-niquer d'abord, puis aller au théâtre ensuite !
N'hésite pas à me faire des retours...

A bientôt

Desgranges

Par DESGRANGES - Publié dans : Artisme - Communauté : Les chroniques de la meute
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Mardi 1 février 2011 2 01 /02 /Fév /2011 23:44

C'est le matin.
Il fait encore nuit mais c'est le matin.
Six heures au radio réveil d'où sort des publicités imbéciles vantant les mérites de la dernière Peugeot.
Des réclames pour estomper les rêves du vieil homme, seul dans son lit.
"Mais pourquoi tient-elle tant à faire chambre à part ?" se demande-t-il, la nuque contre l'oreiller chaud satiné.
Le vieil homme s'extirpe tristement de sa couette molletonnée de cachemire. Il soulève sa carcasse, craquant ses os. En basculant sur le flanc, il sent une boule gonflée contre sa hanche gauche. Il palpe, hésitant. Sa couche est remplie. Il s'est encore uriné dessus cette nuit.
Il s'étire douloureusement. Ces vertèbres hachent ses nerfs et ces omoplates pointus griffent sa peau craquelée d'en dessous.
Il pose un pied à terre, tâtonne, chausse ses charentaises. Il porte difficilement sa main vers la table de nuit, y fait glisser ses doigts tremblants jusqu'à poser enfin ses phalanges craquelées contre les verres de ses lunettes. Il les enfile dans un mouvement difficile. Il manque de basculer sur le sol. Le soleil ne s'est toujours pas levé. A la radio, un jeune journaliste livre les actualités, maussade.
Le vieil homme se lève enfin. Vacille. Une douleur aiguë lui transperce le bas du ventre, si tenace qu'il est contraint de se rassoir sur son lit. Les jambes chancelantes. Il s'avale un cachet posé sur sa table de nuit en bois blanc laqué.

Le vieil homme souffle. Il ferme les yeux doucement. Il inspire profondément. Il gonfle son ventre

à mesure que l'air entre en lui. Une fois qu'il a emmagasiné la capacité d'air maximale, il bloque un temps.
La douleur s'atténue. Il expire alors calmement en souffle continu. La douleur n'est plus là. Il s'apaise et attend un peu, s'assurant que la douleur est bien parti. Il regarde par la fenêtre l'ombre des arbres danser dans la nuit matinale. Aucune lueur vive ne semble encore pointer à l'horizon. Et le journaliste annonce qu'un car scolaire s'est renversé en montagne, la nuit dernière. Il est six heure et demi, l'heure de la revue de presse.

Le vieil homme se lève enfin. Et se dirige doucement vers les toilettes de marbre laiteux. En enlevant sa couche, il retient un hurlement. Un bout de sa peau est parti avec un bout d'adhésif. Dans sa couche, entre ses doigts écorchés, il observe, un peu écœuré, un peu résigné, des traces de sang. Il balance maladroitement la couche dans la petite corbeille en acier noir.

Puis il cherche à uriner. Mais le vieil homme n'y parvient pas. Il pousse. Il souffre. Il pousse. Il tousse. Il pousse. Et finalement un jet ridicule de sang et d'urine gicle contre la cuvette en marbre. Il ne sait pas s'il en a fini.

Et le vieil homme se dit en poussant le bouton doré de la chasse d'eau :

« Aujourd'hui, peut être, il serait judicieux que je porte une couche. »

Puis il se dirige vers la grande salle de bain. Ce matin, le vieil homme n'a pas la force de prendre un bain. Ni une douche.
Il saisit son gant de toilette beige en coton lisse et savonne son corps ridé. Les peaux mortes, ses cheveux blancs et toute la crasse, tous les restes, toutes les impuretés du vieil homme sur le revers de son gant qu'il jette dans une corbeille d'osier. Il en saisit un autre pour se rincer la carcasse flétrie. Le gant reste blanc mais il n'a pas le temps de s'en féliciter car une douleur profonde l'attaque par la nuque. Cette douleur, le vieil homme la connait. Il ouvre la pharmacie pour agripper une boite de comprimés, les mains tremblantes. La douleur passe lentement tandis qu'enfin, le soleil semble se lever. Le jeune journaliste passe la parole aux auditeurs, toujours certains d'avoir la question la plus intelligente.

Le vieil homme ouvre sa commode Louis XIV. Enfile une couche, presque avec honte. Puis, assis sur une chaise Henri IV, au dossier de cuir, il enfile ses sous vêtements en coton soyeux. Boutonne une chemise légère, lentement. Et termine par le costume deux pièces Cerruti, sans doute un peu trop rapidement car sa respiration s'affole.
« Tout cela est si compliqué, si douloureux, si triste. » se dit le vieil homme.
Il est sept heure trente. Le soleil est définitivement levé.
Il calme ses palpitations cardiaques en attachant soigneusement ses boutons de manchette en ivoire.
Le radio-réveil recrache les mêmes actualités. Le vieil homme l'interrompt d'un geste net.

Un homme vient alors frapper à la porte. Solennellement, il déclare.

« Monsieur Mitterrand, vos ministres vous attendent à la salle du conseil. »

Desgrange

 

Par DESGRANGES - Publié dans : Écrivisme - Communauté : Les chroniques de la meute
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